Le test est positif, une application indique « 6 semaines de grossesse », puis la sage-femme écrit « 8 SA » sur le compte rendu. Deux semaines d’écart, alors qu’il s’agit de la même grossesse. Cette confusion est l’une des plus fréquentes du premier trimestre, et elle s’explique très simplement.
Deux façons de compter la même grossesse
Les professionnels de santé comptent en semaines d’aménorrhée, abrégées SA. Le point de départ est le premier jour des dernières règles, une date que la plupart des femmes connaissent. L’aménorrhée désigne l’absence de règles : on compte donc les semaines écoulées depuis les dernières.
Le grand public parle plus volontiers en semaines de grossesse, ou SG. Le point de départ est alors la fécondation, qui a lieu en moyenne deux semaines après le début des règles dans un cycle de 28 jours. D’où une règle simple : SG = SA − 2. Une grossesse de 14 SA correspond à 12 semaines de grossesse.
Ni l’un ni l’autre n’est faux. Le compte en SA s’est imposé dans le suivi médical parce que la date des dernières règles est connue, alors que le jour exact de la fécondation ne l’est presque jamais. Quand vous lisez un document médical, un calendrier d’examens ou un article, regardez toujours quelle unité est utilisée avant de comparer.
Comment la date du terme est-elle calculée ?
Le calcul de départ part du premier jour des dernières règles. On y ajoute une durée fixe pour obtenir la date présumée d’accouchement. C’est là que les sources divergent parfois : en France, le terme est habituellement fixé à 41 SA, alors que de nombreux pays et beaucoup d’applications internationales retiennent 40 SA. Une semaine d’écart, donc, sans que personne ne se trompe.
Ce calcul suppose un cycle régulier de 28 jours avec une ovulation vers le quatorzième jour. Avec des cycles plus longs, plus courts ou irréguliers, ou après l’arrêt d’une contraception hormonale, la date obtenue n’est qu’une première estimation.
L’échographie de datation a le dernier mot
C’est pourquoi l’échographie du premier trimestre, réalisée entre 11 et 13 SA et 6 jours, sert aussi à dater la grossesse. L’échographiste mesure la longueur cranio-caudale de l’embryon, c’est-à-dire la distance du sommet de la tête au bas du dos. À ce stade, les embryons grandissent de façon très comparable, ce qui permet une datation fiable.
Si la date calculée d’après les règles et celle de l’échographie diffèrent, c’est en général la seconde qui est retenue par le professionnel qui suit la grossesse. Le terme peut donc être déplacé de quelques jours après ce rendez-vous. Il ne change ensuite plus, même si le bébé paraît plus grand ou plus petit lors des échographies suivantes : ce sont alors d’autres questions, que l’équipe médicale examine.
Que faire avec les calculateurs en ligne ?
Les outils numériques restent pratiques pour se repérer au quotidien : savoir dans quelle semaine on se trouve, situer un rendez-vous, préparer un congé ou annoncer la nouvelle. Pour calculer sa semaine de grossesse en ligne, estimer une date d’accouchement ou consulter un calendrier de grossesse, il suffit en général d’entrer la date des dernières règles.
Trois précautions évitent les malentendus :
- vérifier si l’outil affiche des SA ou des SG, et si son terme est calculé à 40 ou à 41 SA ;
- remplacer la date des dernières règles par la date issue de l’échographie de datation dès qu’elle est connue ;
- considérer le résultat comme un repère personnel, jamais comme un avis médical.
Un calculateur ne connaît ni la durée de vos cycles ni vos antécédents. Pour toute question sur le déroulement de la grossesse, c’est la sage-femme, le médecin ou le gynécologue-obstétricien qui vous suit qui répond.
Et si l’on ne connaît pas la date de ses dernières règles ?
La situation n’a rien de rare : cycles irréguliers, grossesse découverte tard, règles peu abondantes qu’on a prises pour un saignement banal, arrêt récent de la pilule. Dans ces cas, le calcul d’après les dernières règles n’a guère de sens, et un calculateur en ligne donnera une date fantaisiste.
C’est l’échographie qui fixe alors le terme. Si vous êtes dans cette situation, dites-le dès la première consultation : le professionnel pourra prescrire une échographie de datation au bon moment, et vous éviterez de vous appuyer pendant des semaines sur une date approximative. Pour les grossesses obtenues par fécondation in vitro, la date du transfert d’embryon permet en revanche un calcul précis, que l’équipe qui vous suit vous indiquera.
Pourquoi la date du terme n’est pas un rendez-vous
La date présumée d’accouchement porte bien son nom. Elle marque un repère statistique, pas le jour où le bébé arrivera. Une grande partie des naissances a lieu dans les jours qui précèdent ou suivent cette date, et l’on parle de naissance à terme dans une fenêtre de plusieurs semaines. Lorsque le terme est dépassé, une surveillance est organisée par la maternité, selon des modalités qu’elle vous expliquera.
Pour l’organisation, cela change beaucoup de choses. Le congé maternité, les gardes des aînés ou la venue des grands-parents se calent mieux sur une période que sur un jour précis. Prévoyez la valise et les solutions de garde pour les frères et sœurs plusieurs semaines avant le terme.
Un conseil pour finir : notez sur un même support, carnet ou téléphone, la date de vos dernières règles, la date retenue après l’échographie et l’unité utilisée par votre maternité. Le jour où un formulaire, un employeur ou la CAF vous demandera « à combien de semaines êtes-vous ? », vous saurez répondre dans la bonne unité.
